Il faut savoir qu’en maths-sciences (ma matière) mes élèves de Terminale passent deux épreuves de maths de quarante-cinq minutes (sous forme de contrôle écrit) et deux épreuves de TP de quarante-cinq minutes en sciences physiques.
Ce qui pour moi signifie :
Pendant l’année scolaire et en amont des épreuves:
Décider d’une date de passation, en respectant le calendrier défini par le référentiel, MAIS aussi en m’adaptant aux périodes de stage des élèves (sept semaines, quand même), et aux contraintes imposées par mon établissement (plus de CCF à partir de mi-mai).
Rédiger des sujets ou m’inspirer de sujets ayant déjà été proposés (par des collègues ou par moi), mais en les mettant à ma sauce, et en les adaptant aux élèves dont j’ai la charge (ainsi, pour mes élèves chinois qui ont du mal encore avec le français, mais qui sont assez doués dès qu’ils ont compris ce qu’on attend d’eux, j’ai pris l’habitude d’illustrer par des schémas les consignes, afin qu’ils puissent réaliser leurs TP, par exemple).
Préparer les élèves à devenir autonomes pour manipuler en sciences physiques, et à maîtriser calculatrices et logiciels de mathématiques, tout en faisant le programme.
Rédiger un corrigé type qui sera joint au dossier de l’épreuve, ainsi qu’une grille d’évaluation par compétences. Balayer le plus largement le programme.
Une fois la date fixée, convoquer les élèves. Les faire émarger, et leur envoyer des convocations s’ils sont absents.
Organiser la passation des épreuves pendant la formation des élèves.
Ce qui dans l’idéal, signifierait que tous ne passent pas en même temps s’ils ne sont pas prêts en même temps. Mais que tous seraient présents malgré tout dans la salle, y compris pendant les TP, et alors que différents « Appels » sont prévus afin de valider des compétences, de justifier une réponse, de réaliser devant moi ou de débloquer un élève qui n’arrive pas à commencer son travail, ou qui n’a pas trouvé les valeurs attendues.
Dans les faits, mes élèves passent presque tous en même temps la même épreuve de maths ; souvent, je prévois deux sujets très proches, et en sciences physiques, pour les épreuves de TP, je ne fais passer les élèves que par groupe de 3 ou 4 avec un tirage au sort de sujets.
Et bien sûr, il faut prévoir souvent un rattrapage pour les éventuels absents !
Et bien sûr, pour la deuxième session d’épreuves, à réaliser avant la fin de la formation (et donc avant mi-mai), je prévoirai mes CCF le plus tard possible, d’une part pour avoir le temps d’avancer dans le programme, et d’autre part, afin que mes élèves ne se sentent pas libérés trop tôt, tout en sachant qu’à partir de mai, dans un lycée polyvalent comme le mien, je serai susceptible d’être convoquée pour des surveillances d’épreuves pratiques pour différentes classes, et pas toujours celles à qui j’enseigne.
Quand, enfin, j’aurai réussi à faire passer les épreuves à tous mes élèves (ou presque, car à l’impossible nul n’est tenu), il faudra encore :
- Corriger les copies, en notant non pas par exercice, mais par compétence, une même compétence pouvant apparaître dans différentes questions du sujet !
- Constituer des dossiers par élève et par classe, regroupant les copies, les sujets vierges, les corrigés, les grilles de correction, les notes, etc…
- Reporter les notes sur une fiche récapitulative et rendre les dossiers constitués et les copies.
- Porter les notes en cours d’année sur un tableur qui regroupe toutes les matières, dans mon lycée, puis en fin d’année sur le logiciel du SIEC.
- Alors voilà, comme le premier CCF doit se dérouler à la fin du premier semestre, donc avant février, et que ma classe de bac pro partait en stage une semaine après la fin des vacances de Noël, leurs premiers CCF ont eu lieu la semaine de reprise.
La classe ne comporte que huit élèves, dont cinq sont présents de façon régulière, une élève n’est venue qu’en début d’année, mais est inscrite à l’examen, et deux élèves sont (très) absentéistes (trente-neuf demi-journées non justifiées pour l’une et vingt-huit pour l’autre, mais personnellement, je ne les ai pas beaucoup vues, ni l’une ni l’autre).
La convocation a été remise aux élèves assidus, et envoyée par courrier par le CPE (avec un petit rappel par sms de ma part pendant les vacances).
Finalement, sept élèves sur huit ont ainsi passé les épreuves
En sciences physique, mes élèves ont planché sur quatre sujets d’optique, en étudiant la réfraction (la déviation des rayons lumineux) lors du passage dans la mer morte, ou un sirop de grenadine ou de menthe, par exemple.
En maths, ils ont analysé les ventes d’une entreprise de fabrication de parapluies, et ont fait des probabilités sur les différents modèles fabriqués. Oui, je sais, j’aurais plutôt dû choisir des modèles d’escarpins, pour ces élèves qui travaillent sur le cuir et les chaussures. Mais bon, malgré tout, mes élèves s’en sont plutôt bien sortis, avec un bémol bien sûr pour mes deux absentéistes, mais du coup, elles se sont engagées à revenir plus régulièrement en cours après leur stage, pour se donner la possibilité d’améliorer leur note au second CCF.
Maintenant, pour la suite de la formation, je ne manquerai pas de leur rappeler leur engagement par un petit sms, si je ne les revois pas aux prochains cours !
Et puis, une bonne nouvelle, en allant cette semaine à une formation sur l’évaluation par compétence (la base de la notation des CCF), j’ai récupéré un petit outil bien pratique créé par un collègue pour noter mes élèves : en fonction de l’acquisition d’une compétence que j’évalue, il s’agit de déplacer un curseur sur un tableur, pour qu’automatiquement soit calculé le nombre de points en fonction du barème que j’ai établi. J’avais peur que ce soit une usine à gaz, mais finalement, c’est simple et très utile !
Une chronique de Marine Cat.
Source : https://lewebpedagogique.com/2016/02/01/556157-2/
par macassa Dim 29 Avr 2012 - 20:44
Prof en lycée pro, je ne supporte plus l'évaluation en CCF.
Les diplômes professionnels n'ont plus aucune valeur, que l'élève travaille ou pas, le résultat est le même, on lui donne son CAP ou son bac pro !!
Cette pétition circule sur le net:
" A l'attention de Monsieur le Ministre de l'éducation nationale
-Nous, enseignants, dénonçons la généralisation des CCF en Bac Pro.
Le CCF transformera les diplômes nationaux en diplômes « maison », dont la valeur variera selon l’établissement.
Le CCF ne garantit ni l’impartialité, ni l’égalité de traitement des candidats, l’enseignant étant à la fois concepteur et correcteur des épreuves pour ses propres élèves.
Le CCF est un outil à destination de la hiérarchie, dans le cadre de l’autonomie des établissements, pour mettre la pression sur les enseignants dans le cadre de la gestion de leur carrière et afin que les résultats soient conformes aux attentes.
La multiplication de ces CCF, alourdit la charge de travail des enseignants et les détourne de leur mission d’enseignement au seul objectif de l’évaluation, ceci au détriment d’un travail pédagogique de qualité.
Nous enseignants, exigeons l’arrêt de ce mode de validation des CAP, BEP et Bac Pro et demandons, pour une réelle équité entre tous les élèves, que pour toutes les disciplines, les épreuves soient ponctuelles et Nationales."